Une ville qui s’étale sans cesse, en organisant le mitage urbain (on vit à un endroit, on travaille à un autre, on se distrait dans un autre, toujours plus loin) coûte de plus en plus cher pour fonctionner, aux contribuables que nous sommes, et en tout premier lieu pour les générations futures, puisque cette consommation se fait en énergies fossiles.

Une ville qui délègue toujours plus de ses services au privé abandonne ainsi les priorités de service public, qu’elle ne maîtrise plus, elle s’appauvrit et appauvrit les habitants.

Pour devenir une ville en transition, il faut maîtriser les coûts induits par les fonctions même de la ville : urbanisme, transports, énergie etc. Exploiter les possibilités des bâtiments fait aussi partie des solutions.

Ce que Natacha Bouchart n’a pas fait 

Ne mesurant pas les risques des politiques de développement anarchique décrites plus haut, au mépris des documents d’orientation, NB n’a pas mis en place tout ce qui concourrait à rendre Calais moins chère pour tous : des politiques globales et durables qui concernent l’ensemble de la ville sur la durée telles que :

  • les économies d’énergie : rationalisation du parc de véhicules, diagnostic énergétique de tous les bâtiments et programmation de rénovation sur le long terme, diminution de l’éclairage public et mise en place de l’éclairage dynamique, incitation des entreprises etc…
  • la réhabilitation plutôt que la destruction
  • l’arrêt de l’étalement urbain
  • la redensification du centre ville : en habitat, en activité, en diversité commerciale…

La ville dense est celle qui coûte le moins cher…

Avec Respirer Calais 2020, on rompt avec les politiques anecdotiques d’affichage, sans cohérence entre elles 

La ville, l’agglo feront leur part de lutte contre le changement climatique en mettant en œuvre des politiques de fond avec :

la rénovation thermique de 10 000 logements(soit 30 % du parc) pour :

  • rendre de nouveau la ville attractive aux habitants qui la fuient ;
  • diminuer la facture énergétique des habitants et améliorer les conditions de vie ;
  • créer des emplois durables et non délocalisables (artisanat, construction)
  • revaloriser le bâti

la réhabilitation de nombreux bâtiments à l’abandon (voir article précédent)

la recherche de l’autonomie énergétique du territoire par la production d’énergies renouvelables (chiffres du Plan Climat, PCAET)

Un travail de longue haleine qui, avant d’atteindre l’autonomie énergétique, commencera par le changement de fournisseur d’électricité actuel pour un fournisseur agréé d’énergie verte ;

Constat : Un territoire peu autonome malgré un grand potentiel

La consommation d’énergie globale du territoire vient principalement de l’habitat (vétuste, 1516€ par logement), de l’industrie, du tertiaire et des transports.

Avec une production actuelle quasi insignifiante d’énergies renouvelables (biomasse, agrocarburants) l’agglomération ne couvre que 2,8 % de sa consommation, soit 5 fois moins que la moyenne nationale (14,9%) !

Respirer Calais 2020 emmènera la collectivité (ville, agglo) vers l’autonomie énergétique (2,8 % en 2019 ; objectif 65 % en 2050) avec un objectif à 30 % en 2026

Les gisements principaux sont le solaire photovoltaïque et l’éolien. Mais les autres sources possibles ne seront pas négligées: hydraulique, méthanisation, géothermie, réseaux de chaleur, énergie fatale, hydrogène…

Une société d’économie mixte locale sera créée, pour la production et la gestion de toutes ces ENR ainsi que leur réinvestissement dans l’économie locale, avec la possiblité d’y inclure des particuliers (aménagement en SCIC).

Photovoltaïque : Peut couvrir 76 % de la consommation électrique du territoire.

  • Toitures des bâtiments publics municipaux tels qu’écoles, crèches etc… : une étude sera lancée pour établir un double diagnostic de faisabilité technique :
  • toits pentus pour implantation de panneaux solaires ;
  • toits plats (pour végétalisation isolante, ornementale et/ou nourricière (potagers partagés en accès aux habitants du quartier)

Ci-après, un premier relevé partiel des toitures de bâtiments municipaux pouvant entrer dans l’étude.

Une démarche vertueuse qui entraînera sans doute d’autres acteurs disposant aussi de bâtiments à toits plats : lycées, collèges etc…

Eolien : entre 12 et 40 éoliennes possibles

Pour le « Grand Eolien », en tenant compte des contraintes et sensibilités très locales (radars, aviation, paysages) entre 12 et 40 éoliennes pourront être installées soit 250 GWh/an de production (Calais port, le long de l’A16 et dans d’autres communes).

Hydraulique : Comme à Valenciennes (Ilot Folien), nous creuserons la possibilité d’exploiter les nombreuses écluses et pompes du territoire (wateringues) pour la production d’énergie.

Développer une politique exemplaire d’innovation sociale en matière d’énergie, et devenir une référence de « ville en transition », mettre en place des politiques cohérentes entre elles pour le bien des habitant.e.s, voilà un moyen sûr de donner une nouvelle image de la ville, de la faire rayonner et de la rendre attractive.

C’est du rôle d’une municipalité d’anticiper, de guider, d’accompagner, avec les citoyen.ne.s les transformations majeures déjà en cours.

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