Exilés

Nous ne prétendons pas détenir de solution absolue pour résoudre de manière définitive une problématique complexe, qui dépasse de loin la simple situation calaisienne. Pour autant, la politique du barbelé menée depuis trois ans par l’État et la municipalité actuelle nous paraît inhumaine, inefficace illusoire et dangereuse pour tout le monde.

Inhumaine car aux portes de notre ville, des hommes et des femmes, dont la plupart tentent de fuir un pays d’origine où leurs seules perspectives sont la misère et la mort, vivent dans des conditions abominables, dorment dehors, et ne survivent que grâce à l’engagement de bénévoles eux-mêmes stigmatisés. Et après avoir le plus souvent risqué leur vie en traversant la Méditerranée, ils la remettent à nouveau en jeu en tentant de traverser la Manche.

Cette politique de non-accueil et de répression est inefficace et coûte plus de 60 millions d’euros par an pour un résultat catastrophique, puisqu’elle ne dissuade en rien les exilés d’affluer sur notre littoral, quelles que soient les difficultés qu’ils y rencontrent. Elle est illusoire sur le long terme. Toutes les études montrent que les changements climatiques et la montée des eaux contraindront des centaines de millions de personnes à migrer, à plus ou moins brève échéance. Qu’on le veuille ou non, Calais restera un lieu de passage.

Ajoutons qu’il est difficile de prétendre vouloir améliorer l’image de Calais, la rendre attractive aux yeux des touristes, et ne proposer à ces derniers, comme image d’accueil que des murs de béton surmontés de barbelés.

  • Nous gérerons la politique migratoire dans le respect du droit et de la dignité humaine.
  • Nous recréerons le conseil des migrants pour en faire un véritable lieu de concertation et de coordination entre les acteurs institutionnels et humanitaires.
  • Nous proposerons la création d’une cellule juridique d’accompagnement des nouveaux arrivants, qui devra évaluer leurs droits sous huit jours dès leur entrée dans le réseau d’accueil. Ce réseau sera constitué de petits centres dispersés dans la région et non pas concentrés à Calais.
  • Nous favoriserons l’hébergement citoyen des demandeurs d’asile. Les enfants et les femmes avec enfants seront accueillis en toute circonstance.
  • Nous ne laisserons pas s’installer des sites non gérés et nous nous attacherons à la propreté urbaine, à la tranquillité des Calaisiens et à la sécurité des infrastructures économiques.
  • Enfin, nous veillerons à apaiser les tensions et nous lutterons contre les peurs irraisonnées en recréant du lien entre toutes les populations et dans tous les quartiers. Les slogans faciles du type « zéro migrant à Calais » sont à la fois indignes et mensongers.